Le Maine s’attend à accueillir moins de touristes québécois cette année
La mer, la célèbre jetée et les arcades : une escapade à Old Orchard Beach est un rituel pour de nombreux Québécois. La longue fin de semaine de mai est souvent le coup d’envoi de la saison, mais les stations balnéaires le long de la côte est américaine s’attendent à accueillir moins de touristes canadiens cette année en raison du contexte politique. Pour de nombreux commerçants, la clientèle canadienne est importante. Au restaurant Rossetti's Pizza, tout près de la jetée, environ la moitié des clients qui passent la porte sont canadiens. La gérante d’un magasin de souvenirs, Samantha Newman, en arrive au même constat. Pour elle, entendre du français a quelque chose de rassurant. Les craintes des commerçants en vue de la saison estivale pourraient s’avérer, car le président-directeur général des Hôtels Lafayette, Ramsey Lafayette, remarque une baisse nette du nombre de réservations. Ce groupe possède 31 hôtels le long de la côte. Au Kebek 3, à Old Orchard Beach, plus de 30 % de la clientèle provient du Canada. Ramsey Lafayette est le président-directeur général des Hôtels Lafayette, qui possède 31 établissements le long de la côte est américaine. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau Toutefois, M. Lafayette ne s’inquiète pas outre mesure. Il constate un certain apaisement des tensions entre les deux pays depuis les derniers échanges entre le président américain et le premier ministre canadien. Il a bon espoir que certains touristes canadiens décideront de venir passer leurs vacances sur les plage américaines. Même si les rues d’Old Orchard Beach sont beaucoup plus calmes qu’à l’habitude à cette période-ci de l’année, quelques Québécois ont tout de même décidé de traverser la frontière pour leurs vacances habituelles. Old Orchard Beach est bien connu pour sa jetée, ses arcades et ses manèges. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau C’est une tradition. On s’est dit que les circonstances politiques n'étaient pas un frein à nos projets familiaux. Alors que certains assument totalement leur décision de se rendre aux États-Unis, d’autres ressentent plutôt un malaise. Plusieurs touristes québécois ont refusé d’accorder une entrevue pour cette raison, car ils craignent d’être jugés. Selon la directrice de la Chambre de commerce d’Ogunquit, Alice Pearce, chaque touriste compte. Le tourisme constitue le secteur d'activité économique le plus important pour l’État du Maine. Elle explique qu'elle a reçu plusieurs courriels de Canadiens qui lui ont expliqué qu'ils ne voulaient pas dépenser leur argent aux États-Unis. Alice Pearce est la directrice de la Chambre de commerce d'Ogunquit. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau L’impolitesse et les commentaires de notre président ne reflètent pas ce que nous ressentons, surtout dans les États frontaliers avec le Canada. L’État du Maine s'attend à accueillir environ 25 % moins de touristes canadiens cette année.On croise les doigts et on espère que tout se passera bien
, lance le propriétaire de cette pizzeria, Glen Johnson, en vue de la prochaine saison touristique.On espère que ça va continuer! On adore les Canadiens. Tout ça n’a rien à voir avec nous.
Nous avons effectivement constaté la plus forte baisse dans cet établissement en particulier. Nous faisons de gros efforts pour louer les chambres et pour nous assurer que tout le monde se sente le bienvenu et revienne
, assure-t-il.
Il y a eu une hausse du tourisme intérieur, mais je ne pense pas qu’elle compensera la baisse du tourisme international
, croit le PDG des Hôtels Lafayette.Moins de touristes, mais pas aucun
On vient depuis le milieu des années 1980, depuis notre enfance
, souligne un homme en voyage avec sa femme. Ce couple de Lac-Brome comprend que certains préfèrent ne pas venir aux États-Unis, mais il a préféré ne pas changer ses projets.Avant de savoir ce qui allait arriver au niveau politique, c'était déjà booké. On a su qu’il y a beaucoup de gens qui ont annulé en raison du contexte socioéconomique
, continue-t-il.
Le Maine n’est pas Washington D.C.

Le Maine n’est pas Washington D.C., heureusement.
C'est là un message que Mme Pearce tient à marteler. Elle affirme qu'elle aime les visiteurs et les partenaires commerciaux canadiens et qu'elle souhaite préserver ces solides relations
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